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Ma feuille de route
Les chiffres de la repriseCombien d'entreprises font-elles l'objet d'une opération de transmission-reprise par an en France ?
Les grands fichiers nationaux n'ont pas été conçus pour répondre à cette question, ce qui nécessite un travail de recoupement et de traitement et, partant, des précautions de lecture et d'emploi des conclusions.
Le fichier Insee Sirene recense ainsi environ 40 000 reprises d'entreprises en 2005 :
La création d'entreprises en 2005 | |
Parc d'entreprises | 2 591 510 |
Reprises | 40 832 |
Création pures (ex-nihilo) | 224 830 |
Réactivations | 51 167 |
Total créations | 316 829 |
Ce chiffre de 40.000 reprises est à la fois :
- sur-estimé car il intègre un certain nombre de mouvements juridiques qui ne sont pas à proprement parler des "reprises", correspondant à un réel transfert de propriété d'un dirigeant à un autre dirigeant,
- et sous-estimé car il n'intègre que partiellement les reprises d'entreprises par achat d'actions ou de parts sociales.
Sur la base de recoupements, un consensus se dégage toutefois pour estimer à environ 60 000 l'ensemble des reprises (entreprises individuelles et sociétés).
La diminution du nombre de reprises d'entreprises individuelles (justement celles qui sont le mieux appréhendées par l'Insee),est quasi permanente depuis de nombreuses années.
Mais elle ne doit pas induire en erreur sur l'évolution du nombre global des reprises, car de plus en plus de reprises sont faites sous forme de société, non prises en compte dans les statistiques.
Cette diminution du nombre de reprises d'entreprises individuelles est aussi imputable à d'autres facteurs :
- réorganisation des circuits de distribution,
- rationalisation ou prise de parts de marché par des entreprises plus importantes,
- manque d'anticipation des cédants,
- défaut d'information des repreneurs,
- marché de la reprise trop peu lisible.
(Source : réseau Forces)
Enfin, on peut se demander si les très nombreuses TPE dont le dirigeant est âgé sont encore transmissibles ?
Elles ne correspondent pas, en tout cas, aux critères de nombreux repreneurs cadres issus du monde de la grande et moyenne entreprise, qui s'intéressent aux entreprises d'une certaine taille (de 10 à 50 salariés).
(cf. interview d'Yves Fouchet)
La taille des entreprises cédéesLa taille des entreprises reprises reflète bien le tissu économique français, constitué en grande partie d'entreprises de petite taille. Parmi les 60 000 entreprises reprises par an en France, on estime de 3 000 à 4 000 le nombre d'entreprises de plus de 5 salariés.
La reprise d'entreprise et l'emploiNombre d'emplois occupés (salariés ou non, y compris celui du dirigeant) | |
| 1 à 2 emplois occupés | 63 % |
| 3 à 5 emplois occupés | 25 % |
| 6 à 9 emplois occupés | 8 % |
| 10 emplois occupés et plus | 5 % |
La majorité des reprises concerne les entreprises qui ont 1 à 2 salariés. En effet, elles visent surtout de très petites entreprises, en majorité des entreprises individuelles. Deux fois sur trois, il s'agit de fonds de commerce de très petite taille.
Les secteurs d'activité concernésLes activités concernées par la reprise sont principalement des fonds de commerce et artisanaux (commerces de détail alimentaires ou non, coiffure, réparation automobile, etc.) ou des cafés hôtels restaurants, pour qui un marché de la transmission est organisé.
Secteurs d'activité | |
Activités du secondaire | 11 % |
Activités de type commerce | 69 % |
Activités de type services | 20 % |
Remarque : on s'éloigne de la répartition sectorielle de l'emploi en France.
C'est pourquoi il est fréquent de rencontrer des repreneurs issus des grands groupes de services qui ne songent pas à reprendre un fonds de commerce !
On constate une inadéquation entre l'offre et la demande.
- D'une part, les entreprises reprises sont majoritairement des fonds de commerce, qui n'intéressent pas (sauf exceptions) les repreneurs. Beaucoup de fonds artisanaux, notamment dans les zones rurales difficiles, ne trouvent ainsi pas d'acquéreurs et/ou ne valent plus rien.
- D'autre part, de nombreux repreneurs habitant dans les principales villes de France (et notamment à Paris), cherchent à reprendre une entreprise de plus de 10 à 20 salariés, si possible une entreprise de services à forte valeur ajoutée.
Les modalités de la repriseCes modalités sont très éclairantes pour le repreneur personne physique.
Modalités de reprises (toute tailles d'entreprises confondues) | |
Rachat au dernier employeur (par un ou plusieurs salariés) | 10 % |
Reprise par donation ou héritage | 14 % |
Reprise par location gérance | 16 % |
Rachat à un tiers | 60 % |
Une autre répartition est donnée par OSEO bdpme, avec un échantillon d'entreprises de toutes tailles, ayant bénéficié d'un accompagnement bancaire (soit selon l'Insee la moitié des opérations en France).
Les 27 000 opérations accompagnées par OSEO entre 1997 et 2004, soit en moyenne environ 3 800 opérations par an, concernaient les activités suivantes :
- industrie, BTP, commerce de gros et services aux entreprises : 48%
- commerces de détail : 33 %
- hôtels, restaurants : 17 %.
Cette enquête montre aussi que, même sur cette population, l'achat des fonds de commerce est majoritaire (54%), avant les montages de type holding (35%) et l'achat de parts sociales (11%).
Les repreneurs concernés étaient des :
- personnes morales : 25% (autres entreprises ou investisseurs financiers par opération de croissance externe)
- personnes physiques : 75 %, répartis de la façon suivante :
. salariés : 23,5%
. descendants : 10%
. repreneurs extérieurs :42,5%
Répartition géographiqueLes taux de reprise varient peu d'une région à l'autre, à l'exception de l'Ile-de-France qui se démarque par un taux beaucoup plus faible.
Dans cette région, le taux annuel est égal à 1,2 reprise pour 100 entreprises existantes, alors que les autres régions possèdent des taux qui varient entre 2,3 et 2,9 reprises pour 100 entreprises existantes (source : Insee Sine 2002).
Mai 2007