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Etape 3 > Créer en solo

Quel que soit le type d'activité envisagé ou la dimension souhaitée pour son entreprise, il faut, pour réunir le maximum de facteurs de réussite, prendre le temps de bien réfléchir au préalable à son "projet personnel  de créateur".

 Celui-ci doit être en totale cohérence avec les exigences du projet économique (l'entreprise à créer).Je dois vérifier que je possède les dispositions personnelles permettant de supporter toutes les "règles du jeu" de l'entreprise à créer, en particulier celles non écrites.

Lancer une activité en solo, c'est à dire une activité indépendante que l'on va exercer tout seul et généralement chez soi, comporte quelques particularités qui induisent des exigences touchant :
- à la personnalité, au potentiel, aux compétences et à l'expérience du solo,
- au traitement  des contraintes personnelles qu'il peut avoir.



  La personnalité

Si l'indépendance et le désir d'autonomie habitent quasiment tous les créateurs d'entreprise, travailler à son compte solitairement nécessite :
- d'avoir une "capacité à supporter l'isolement" et donc la solitude,
- de posséder une grande rigueur.

Le futur "solo", qui a souvent été salarié précédemment, a pu être habitué à entretenir avec ses collègues (et autres interlocuteurs professionnels) des échanges réguliers et de visu.
De surcroît, il a pu prendre l'habitude de se rassurer en demandant des avis avant de prendre des décisions importantes. Peut-être se raccrochait-il souvent au jugement de ses collègues !

La situation va désormais changer catégoriquement et il doit être conscient qu'il devra affronter bien souvent seul toutes les situations. Cela sera d'autant plus prégnant s'il doit travailler essentiellement chez lui.

 Ainsi, selon la nature de l'activité, le projet économique peut comporter, entre autres, comme exigences :
- d'avoir à subir un réel isolement (peu ou pas de contacts),
- d'avoir à s'imposer des temps de démarchage de prospects (il n'y a pas de supérieur hiérarchique exerçant de pression pour cela).
 
Dans tous les cas, se demander :
- Ai-je une parfaite aptitude à l'autonomie ?
- Suis-je capable en permanence d'autodiscipline ?
- Suis-je capable, par exemple, de dresser tous les matins le planning de ma journée, de respecter des horaires stricts ?
- Suis-je quelqu'un de vraiment rigoureux qui se fixe des règles de fonctionnement et les suit coûte que coûte ?

 Pour rompre l'isolement et la solitude, il existe des moyens efficaces :
- le réseautage, qui est par ailleurs également un bon moyen de trouver des prescripteurs et des clients,
- le parrainnage,
- l'adhésion à des communautés d'internautes,
- la participation régulière à des cyberforums, etc.

 Prendre le temps de s'analyser quelque peu pour être sûr que l'on est capable de se plier à ces modes de fonctionnement personnels.


 
Suis-je à même de m'investir autant qu'il le faut pour me constituer un nouveau réseau relationnel professionnel et d'avoir la constance pour le cultiver ?
Suis-je prêt à supporter dans la durée le regard d'un parrain (chef d'entreprise aguerri), à qui je devrais confier mes faiblesses et mes difficultés ?
Est-ce déjà dans ma fibre intérieure d'être naturellement tourné vers les autres pour :
- trouver facilement comment combler le vide relationnel découlant de ma nouvelle activité
,
- pouvoir avoir facilement des discussions professionnelles via internet,
- consacrer des soirées à des cercles : clubs de créateurs ou de chefs d'entreprise, Jeune chambre économique, etc.


  Le potentiel

Le potentiel est "le plus" que l'on peut avoir dans ses dispositions  personnelles par rapport à la moyenne des gens.
Dans une création en solo, il s'agira de vérifier que l'on détient, sans soutien extérieur, une faculté de visionnaire pour organiser son activité et sentir comment anticiper.
Il faut prendre le  temps de s'interroger :
- sur sa propre capacité à "faire face à tout" tout seul,
- sur son aptitude à "visualiser" les enjeux, les difficultés, les opportunités…
De la discussion jaillit la lumière, dit le proverbe... mais  en solo la discussion peut s'avérer limitée !

 De plus, être l'homme orchestre de l'entreprise  implique d'avoir une bonne constitution physique et mentale.
 

Ma santé est-elle particulièrement solide pour assumer toutes les sollicitations de l'activité ?
Plus encore, ma solidité psychique est-elle suffisante pour affronter la solitude, en particulier dans les moments durs qui pourraient se présenter : absence de chiffre d'affaires, perte de clients, difficultés de trésorerie... ?


   Les compétences

Le fait d'être seul conduit  très vite à être confronté à des situations nécessitant des connaissances dans toutes les disciplines concernées par l'activité et la gestion de l'entreprise.
Un créateur d'entreprise qui ne peut ni déléguer ni se reposer sur le savoir de collaborateurs, se doit, plus qu'un autre, d'acquérir rapidement un minimum de compétences dans les domaines qu'il ne maîtrise pas.
Par exemple : les techniques commerciales ou de gestion, s'il est prestataire intellectuel pour l'industrie.

 Le créateur solo doit pouvoir assimiler très vite certaines connaissances même si, jusqu'à présent, il n'avait pas de goût pour "la chose intellectuelle".   

Suis-je prêt, en cas de besoin, à bachoter avec un bouquin de marketing ou une revue de fiscalité ?



  L'expérience

Le créateur en solo n'a généralement pas d'expérience antérieure d'autonomie parfaite et d'indépendance dans une activité lucrative.
Son éventuel passé de salarié, même s'il a pu s'accomplir dans un certain isolement ou être empreint de responsabilités, ne l'a tout de même pas préparé à ne pouvoir compter que sur lui-même pour gagner sa vie !
Toutefois, plus le créateur solo aura exercé antérieurement des responsabilités d'organisation, de réalisation d'objectifs, de management (en montrant l'exemple, bien sûr !), plus, il sera en cohérence proche avec les exigences qui l'attendent.
 

  Les contraintes personnelles

Créer en solo se traduit souvent par une installation professionnelle à la maison. 
Le risque est alors grand de mélanger vie privée et vie professionnelle.

 Si l'on ne vit pas en célibataire, il faut tenir compte de ses contraintes familiales pour y apporter impérativement une solution.
  
 

Suis-je suffisamment rigoureux pour bien séparer mentalement et physiquement mon domaine privé et mon domaine professionnel pour bien partager mon temps entre l'activité et la vie familiale ?

 Il faut prévoir dans le projet de disposer d'une pièce indépendante qui puisse  être le territoire de l'entreprise, bien identifié et inviolable, hormis par le créateur. 
 
 

Ai-je la volonté et le sens de l'organisation pour mettre en place la logistique nécessaire à cela ?
Exemples :
- modification de la distribution des pièces du logement ou location d'un local externe,
- installation d'une ligne téléphonique dédiée à l'activité,
- matériels informatiques spécifiques à l'activité,
- horaires d'indisponibilité totale vis-à-vis de la famille,
- etc.


  La cohérence avec le projet économique

Quelques caractéristiques particulières à l'activité en solo viennent d'être abordées.
La réflexion personnelle qui en découle ne doit pas s'arrêter aux quelques lignes ci-dessus. Elle doit être complétée par  la lecture de la rubrique projet personnel.
Ce n'est qu'après étape que l'on peut passer au travail d'analyse du projet économique pour en venir à la confrontation des deux et pouvoir s'assurer qu'il y a bien cohérence :
- entre ses dimensions personnelles,
- et les exigences de l'activité professionnelle que l'on veut lancer en solo.



Août 2010