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Etape 7 > S'organiser pour travailler en solo

Travailler seul en étant à son compte demande autodiscipline, rigueur et méthode.
Quelques conseils !


  Délimiter un lieu de vie professionnelle

La première des choses à faire pour faciliter l'exercice de son activité indépendante est de s'installer dans un lieu totalement dédié à cela.  Il peut s'agir :
- d'un local extérieur à son domicile (certaines activités intellectuelles le nécessitent du fait des usages ou du standing à afficher),
- ou bien - solution  plus économique - d'une pièce de son domicile... mais close par cloisons et porte fermant réellement. L'erreur regrettable serait, par exemple, de s'installer dans le renfoncement du salon ! Sauf cas exceptionnel, il est préférable de bien dissocier, à tout instant de la journée, ce qui est par nature professionnel de ce qui relève de la sphère privée. L'isolement  géographique de son domaine professionnel est encore la solution la plus simple et la plus efficace.

Dans le même esprit, il est préférable d'utiliser une ligne téléphonique affectée uniquement à l'activité professionnelle. Une autre solution (nettement moins bonne) consiste à prendre un abonnement téléphonique permettant l'affichage sur le combiné du nom de l'appelant de manière à filtrer les appels en recourant au répondeur téléphonique.

Enfin, et pour les mêmes raisons, il est recommandé d'avoir une boîte à lettres électronique destinée uniquement  aux courriels professionnels.


  Respecter des horaires

La meilleure façon de fonctionner lorsque l'on n'a pas de comptes à rendre, est de définir des horaires de travail pertinents en fonction des contingences de son activité et de s'y tenir impérativement... sans se poser de questions !
Si l'on a eu précédemment une carrière de salarié, le mieux, sur ce point, est de garder le réflexe de la ponctualité et de commencer sa journée au moins à la même heure qu'auparavant, sinon plus tôt ! 
De toutes façons, tout créateur (solitaire ou non) doit s'accorder des moments de réflexion. Le matin, de bonne heure, est le moment idéal pour cela.


   Appliquer des méthodes de travail

Lorsque l'on travaille pour la première fois en solo, on court le risque de manquer d'organisation et de ne pas être - du moins dans un premier temps - suffisamment visionnaire par rapport au fonctionnement méthodique qui s'avère nécessaire :
- pour faire face aux exigences de l'activité,
- et pour pouvoir réaliser la production espérée.

 C'est pourquoi, au démarrage de l'entreprise, il est important  de se fixer des objectifs planifiés dans le temps et de s'astreindre à l'établissement  d'un plan d'actions  quotidien.
Rien n'est meilleur que d'y réfléchir avant de commencer sa journée puis de coucher sur le papier  les différentes tâches ou missions que l'on devrait accomplir ce jour-là (ou de réaliser cet exercice la veille au soir).
Cette façon de faire est d'autant plus profitable que, souvent, le créateur a tendance à reporter maintes fois les tâches qui lui sont les plus désagréables (par exemple : la prospection commerciale), en favorisant celles où il excelle (par exemple : la réalisation intellectuelle).
Le planning doit servir à ne pas tricher avec soi-même ! 

 Le démarrage de l'activité génère vite de la paperasse et, si l'on n'y prend garde, on peut craindre d'être rapidement submergé ! Ajoutons à cela :
- le temps perdu à rechercher certains documents,
- l'argent perdu du fait d'une mauvaise gestion administrative entraînant une mauvaise gestion de la trésorerie : incidents, pénalités, etc.
Il est donc nécessaire de mettre immédiatement en place un système de classement adapté à son besoin.
Si nécessaire : prendre le temps d'étudier ce problème en lisant  l'un des quelques ouvrages didactiques existant sur le sujet.

 Dès les premiers jours d'activité, le problème de la comptabilité est à traiter. Si l'on a la possibilité (et l'intérêt) d'opter pour le statut fiscal de la micro-entreprise, la comptabilité sera très simplifiée puisque limitée à la tenue d'un livre-journal  détaillant ,au jour le jour, les recettes professionnelles (appuyées des factures et autres justificatifs) et d'un registre récapitulé par année, présentant le détail des achats. D'où la nécessité d'avoir un bon principe de classement !
Dans le cas d'un autre statut fiscal, il faudra envisager la mise en place d'une comptabilité complète réalisée :
- soit par soi-même (partiellement ou complètement) avec, généralement, un logiciel à acquérir,
- soit par un tiers,
- soit en s'abonnant à une formule de comptabilité en ligne, en liaison avec une prestation se service d'experts-comptables.

Avant d'opter pour une solution, il faut bien peser :
- le temps que l'on pourrait réellement dégager par rapport au temps nécessaire à cette tâche,
- le niveau de compétence que l'on a pour cela,
- les informations comptables dont  on aura besoin (niveau d'affinement et rapidité d'obtention) pour  être réactif dans sa gestion et sa stratégie.
Par la même occasion,  l'adhésion à un centre de gestion agrée (ou à une association de gestion agrée) sera toute indiquée.

 "Homme à tout faire" de son entreprise, le créateur solo ne doit pas tomber dans le piège de rester un éternel "homme orchestre" si l'affaire se développe correctement, au risque d'être débordé et de s'épuiser à la manoeuvre.
Il faut avoir le réflexe, assez vite,  de sous-traiter les tâches à faible valeur ajoutée de manière à se consacrer au plus rentable.
Dans cet esprit,  bien s'équiper en matière de bureautique et de TIC permettra dès le début de s'alléger de bien des contraintes et de gagner en productivité administrative.

 Enfin, ranger son bureau au moment  d'arrêter sa journée est un réflexe (à acquérir si on ne l'avait pas...) qui participe également à la nouvelle dynamique d'efficacité que le créateur solo se doit d'enclencher.


  Adopter une philosophie de vie professionnelle

 Se retrouver à travailler seul ne doit pas affaiblir psychologiquement.
C'est pourquoi il est bon, dès le départ, d'adopter une certaine philosophie personnelle : que la  moitié de patron qui est en soi n'hésite pas à gratifier l'autre moitié qui est exécutant quand les circonstances le justifient.
Lors d'une réussite (par exemple : un beau contrat obtenu), il ne faut pas hésiter à se faire plaisir en s'accordant sous une forme ou sous une autre une récompense, comme celle qui se justifierait si vous aviez à l'octroyer à un collaborateur que vous devriez stimuler.

 Etre exigeant avec soi-même est, en solo,  une nécessité mais il faut savoir aussi respecter la machine que l'on sollicite (son corps et son esprit) et, par conséquent, s'accorder de vrais moments de récupération permettant de repartir de plus belle. 

 Enfin, travailler seul ne consiste pas à se couper du monde. Au contraire, conscient de cet isolement, il faut prendre toutes dispositions pour garder le contact avec l'extérieur : adhésion à un club de créateurs ou de chefs d'entreprise et participation active à celui-ci, adhésion à son syndicat professionnel,  participation aux réunions à thème de sa chambre consulaire, visites de salons professionnels, etc. 
Il s'agit-là, tout autant de nouer des contacts, d'étendre son tissu relationnel dans le monde des affaires, que de glaner de l'information pertinente et donc de compléter sa veille technologique.


  Conclusion
 
Créer en solo est un changement  radical de condition de vie professionnelle qui peut avoir  tendance à déstabiliser. C'est pourquoi, les bonnes pratiques doivent être adoptées et mises en oeuvre immédiatement. Elles permettent de :
- baliser le nouveau parcours qui commence,
- donner une bonne vision de celui-ci,
- et ajouter des facteurs de succès à sa démarche de créateur.


Janvier 2008